Je pouvais juste penser à partir

28 07 2014

Comment je peux transpirer autant sans rien faire? Je suis assis là depuis un moment, le coeur me pompant à vouloir me sortir du corps, c’est comme quand je fais mes crises d’angoisse en fait, c’est pareil, mais au moins là j’ai une raison. Je ne comprends pas qu’avec le temps ça ne passe pas, ça ne change pas, c’est toujours la même intensité, inspiré, expiré, inspiré, expiré. C’est probablement aussi le seul moment que ma tête ne pense pas à autre chose, le seul moment où je ne suis pas lunatique, trouble d’attention. Tout ce que je pense en moment se déforme. Attention aux troubles pauvre lunatique, tu n’auras même pas le temps d’expirer qu’encore une fois tu seras inspiré. La défaite, comment puis-je encore l’avoir en tête, comme quoi, après toutes ses années, je n’ai pas compris. Adversaire, partenaire, je ne sais même pas qui je suis, mais je sais que je sus. De l’eau, j’ai besoin d’eau, j’ai l’impression de me vider sur place, on va me retrouver sec et seul ici. C’est pourtant simple, je regarde les mouvements, je fais abstraction des mots, j’esquive l’attaque en gardant l’oeil toujours dans celui de l’autre. Il me semble que c’est simple, mais ça n’a pas marché, chaque fois. C’est peut-être ce fait de m’adapter trop rapidement à l’autre, je deviens l’autre, il finit donc par se reconnaitre, certaine personne se connaisse bien, connaisse bien leurs faiblesses qui deviennent les miennes. J’ai réussi, quelquefois, mais c’était rapide et c’était même dans la majorité des cas même pas un échange intéressant, les plus beaux, je les ai perdus. Encore de l’eau, je vous dis, je vais mourir ici, c’est ridicule. C’est clair que je suis intimidé, c’est clair que je n’ai pas encore décidé comment j’allais commencé le tout, mais j’ai plus le choix, le temps passe, je regarde ma montre, je regarde la porte qui s’ouvre dans ce restaurant, la voilà, tout peut commencer maintenant.

 

Défi du jour de retard : Comme avant un combat


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3 responses

9 08 2014
Défi du jour | ScareCrow

[…] d’amour – À la façon Fidel Lachance  Lui Elle 2014-07-27: Comme avant un combat  Lui Elle 2014-07-28: Fais le avant et promis je le fais après!  Lui Elle 2014-07-29: Bassesse  Lui […]

29 07 2014
Zaza

J’aime beaucoup ce texte. Une fantastique description d’un pan rarement avoué de cette tragédie moderne de l’amour, sélective et impitoyable. Fascinant lorsque vu (ressenti) de l’intérieur. Un beau texte avec beaucoup d’eau.

29 07 2014
flipperine

il faut savoir rester soi, avoir sa propre personnalité

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